Expérience de capitalisation & capitalisation de l’expérience !

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Pour ce premier article, je vous propose de vous restituer les principes mis en œuvre à l’occasion d’un projet de capitalisation des compétences d’un collaborateur qui partait à la retraite et travaillait pour notre client BABCOCK WANSON.

Pour entreprendre la capitalisation de l’expérience, nous sommes parti non pas de l’expérience en soi, mais des acteurs de cette expérience, de ceux qui sont porteurs des connaissances. J’ai donc travaillé avec une équipe de cette entreprise à mettre en place un processus d’évaluation – premier temps de la capitalisation.

La démarche de cette équipe n’a pas été de rechercher un jugement de valeur, en général produit lors d’une opération d’évaluation, mais bien d’identifier ce qui dans l’expérience du collaborateur qui devait quitter l’entreprise pouvait être utile à d’autres.

S’il est vrai que capitalisation et évaluation sont proches et ont été utilisées successivement dans ce projet, notre première activité a été de démarrer le processus par un point sur l’évaluation des acquis :

  • du collaborateur en partance,
  • et de ses collègues qui restent dans l’entreprise.

On évalue, c’est-à-dire qu’on émet un jugement de valeur, pour pouvoir décider des thèmes à approfondir : qu’elles sont les compétences rares sur lesquelles il faut travailler et qui sont nécessaires aux collègues restants, quelles sont les compétences à référencer simplement ?

L’évaluation s’est terminée sur des conclusions ainsi que des recommandations, notamment sur les populations à cibler en priorité et sur les compétences à développer avec un niveau d’urgence.

La phase de capitalisation

La capitalisation, elle, s’est préoccupée de présenter au mieux de manière accessible et avec l’information adéquate pour comprendre, non pour convaincre. Nous sommes dans une démarche de formation.

Pour cette expérience, nous avons donc déployé un processus de conception pédagogique. Nous avons conçu un dispositif de formation ainsi, que des moyens pédagogiques associés d’apprentissage et de transfert. Ces outils ont été mis en œuvre lors d’un déploiement auprès des collègues et par le collaborateur concerné.

La priorité était donc d’ordonner l’information pour faciliter l’élaboration du dispositif de formation en vue de l’échange d’expériences. Nous avons créé deux « grilles » de recueil et d’analyse des compétences, que nous avons comparées aux compétences des collègues du partant.

Notre analyse durant la première phase nous a permis également de recueillir et faire exprimer toutes sortes d’apports et de sensibilités afin de contribuer à une recomposition progressive des savoirs et des pratiques.

Nous avons ratissé le plus large possible pour reprendre tout ce qui pouvait être source de connaissances, en plus de ce qui servait à l’élaboration du dispositif que nous souhaitions créer.

La capitalisation n’a pas considéré seulement une grille d’analyse préétablie, nous nous sommes également intéressé à la manière dont le collaborateur ressentait et analysait son métier, sa vision et sa culture métier. Nous avons cherché à multiplier les formes et les supports afin d’accueillir la diversité, rédaction de kits de formation, enregistrement de podcasts, enregistrement vidéo de gestes terrain.

Le kit de formation

Nous avons avec l’équipe de conception du dispositif identifié un ordre pédagogique et avons organisé la progression des objectifs en fonction de cet ordre (en fait du plus simple au plus complexe – du plus connu vers le moins connu). Nous avons développé trois modules de formation à destination de deux types de populations. Les modules ont été délivré par l’expert qui a ainsi également pris en compte les demandes et questions de ses collègues.

La capitalisation n’est donc pas obsédée par l’ordre et la cohérence pour un échange « dans » la construction du système. Elle n’exige pas non plus que l’expérience soit analysée sous toutes les coutures. Elle s’inquiète surtout de favoriser le partage, stimulant chacun à offrir ce qu’il pense avoir appris et ce qu’il pense pouvoir être utile aux autres afin d’atteindre le dialogue et de s’enrichir réciproquement.

En conclusion

Si l’expérience est un capital, la capitalisation s’occupe surtout de le révéler, de le recueillir et de le rendre accessible à un plus grand nombre.

Chaque groupe et époque a ensuite la possibilité et/ou l’obligation de le réinvestir, à sa manière et selon sa convenance.


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